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La discrétion de Joseph, langage de l’essentiel

La discrétion de Joseph, langage de l’essentiel

 

Le 19 mars, l’Église fête saint Joseph comme le modèle parfait du chrétien. Ce saint discret nous apprend beaucoup sur la vie que nous devons mener sur terre pour atteindre la sainteté. Un exemple à suivre sans modération. 

L’Église a toujours reconnu en saint Joseph le plus grand saint de l’Église après la Vierge Marie. Un Père de l’Église, saint Grégoire de Nazianze (IVe siècle), écrivait : « Le Seigneur a réuni en Joseph, comme dans un soleil, tout ce que les saints ont ensemble de lumière et de splendeur ». N’est-ce pas exagéré au vu de ce que l’on sait de lui ? Pour répondre à cette question, il faut bien comprendre que ce n’est pas tant sa biographie qui est importante que son être « théologal ». C’est-à-dire son existence même en Dieu. Sa discrétion devient alors langage de l’essentiel.

Ce qui est absolument désarmant, c’est que le lieu de la plus haute sainteté – Nazareth – est aussi le lieu de la plus grande discrétion. Une vie si simple, presque banale. Une vie faite d’amour conjugal et de charité familiale. Une vie marquée par le travail. Une vie tout entière tournée vers Dieu par la prière et l’observance des prescriptions religieuses. Une vie marquée par une obéissance au devoir d’état dans la monotonie du quotidien ! On n’aura jamais fini de méditer cette relation contrastée entre une si éminente sainteté et l’humble vie de chaque jour.

À cette école de Nazareth, saint Joseph apparaît comme le docteur du « silence ». Il est maître en matière d’écoute de Dieu. Il vit pleinement le « Shema Israël » (« Écoute Israël »), qu’il prie deux fois par jour. Son silence n’est donc pas mutisme, mais qualité d’écoute ! Joseph est alors prompt à obéir : jamais prévenu, mais toujours prêt ! Tel est le signe convaincant de son abandon confiant en la providence divine : « Il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24); il partit à Bethléem (Lc 2, 4); il prit la mère et l’Enfant et s’enfuit en Égypte (Mt 2, 13). Après le décès d’Hérode, il revint à Nazareth avec son épouse et l’Enfant (Mt 2, 19-23). Par son exemple de vie réelle et bien « incarnée », l’époux de Marie, le père de Jésus et l’artisan du village est devenu le témoin d’une vie authentiquement mystique. Il est « juste », car il « est une personne qui prie, qui vit de la foi et qui cherche à accomplir le bien en chaque circonstance concrète de la vie », disait saint Jean-Paul II.

Ce qui n’est pas exprimé explicitement au sujet de Joseph – ces années de vie d’amour et de labeur – nous renvoie, par nécessité, à notre propre vie quotidienne. C’est comme si Dieu nous disait à travers Joseph : « Ne cherchez pas ailleurs que dans le réel de votre vie les occasions de sanctification. Ne fuyez pas hors de vos existences pour trouver le Seigneur. N’allez pas imaginer votre sainteté : recevez-la, construisez-la humblement, mais fermement, au fil des événements qui sont autant d’occasions d’obéissance à la volonté du Père du ciel, autant d’opportunité pour le don généreux de vous-même, autant de lieux pour rencontrer et vivre l’Unique nécessaire : l’amour de Dieu et du prochain ». Joseph : une sainteté sans parole, mais pas sans éloquence. Son silence nous invite à écouter le Verbe, la Parole faite chair qui est au centre de sa vie et de la nôtre.

Père Nicolas Buttet




 
 

Tag(s) : #spiritualité

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