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Cinquième dimanche après Pâques

 

Évangile selon saint Jean (16, 23-30)

 

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais, où je vous entretiendrai clairement du Père. En ce jour-là, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; car le Père lui aussi vous aime, parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que je suis venu d’auprès de Dieu. Je suis sorti du Père et suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je retourne au Père. » Ses disciples lui dirent : « Voici qu’à présent tu parles clairement sans nous dire de paraboles. Maintenant nous savons que tu connais tout, et que tu n’as pas besoin qu’on t’interroge. C’est pour quoi nous croyons que tu es venu d’auprès de Dieu. »

 

Mais notre amour pour le Fils de Dieu est-il le motif de l’amour de son Père pour nous ? N’est-ce point, au contraire, son amour pour nous qui est la cause de notre amour ? C’est ce que nous dit l’évangéliste saint Jean, dans une de ses Épîtres : « Aimons Dieu, parce qu’il nous a aimés le premier. » (l Jn 4.) Le Père nous aime donc, parce que nous aimons le Fils, en vertu du pouvoir que le Père et le Fils nous ont donné de les aimer. Dieu aime en nous son œuvre, mais Dieu n’aurait pas fait en nous ce qui est digne de son amour, si avant de le faire il ne nous avait aimés le premier.

Il est sorti du Père, parce qu’il vient du Père, et il est venu dans le monde, parce qu’il est apparu au monde dans le corps qu’il avait pris dans le sein de la vierge Marie. Il a quitté le monde corporellement, et il est retourne vers son Père, en conduisant son humanité dans les cieux ; mais il n’a point cessé de gouverner le monde par sa présence, parce qu’il est sorti de son Père pour venir dans le monde sans quitter le sein de son Père. Or, nous voyons que les Apôtres et les disciples de Jésus-Christ lui ont adressé, après sa résurrection, et des questions et des prières ; des questions, lorsqu’ils lui demandèrent avant son ascension, en quel temps il rétablirait le royaume d’Israël (Ac 1), des prières lorsque Etienne le vit dans les cieux à la droite du Père, et le pria de recevoir son esprit. (Ac 6)

Et qui oserait dire que nous ne devrions plus le prier depuis qu’il est immortel, tandis qu’on devait le prier pendant sa vie mortelle ? Les paroles : « En ce jour-là vous ne me demanderez plus rien, » ne doivent pas être rapportées au temps qui suivit sa résurrection, mais à celui où nous le verrons tel qu’il est (1 Jn 3), vision qui n’est pas de cette vie que le temps mesure, mais qui est le privilège de cette vie éternelle, dans laquelle nous n’aurons plus aucune prière, aucune question à faire, parce qu’il ne nous restera plus rien à désirer, rien à connaître.

Saint Augustin (Traité 102 sur S. Jean)

 

Chaque fois que je parle de la prière, il me semble entendre dans votre cœur certaines réflexions humaines que j’ai entendues souvent, même dans mon propre cœur. Alors que nous ne cessons jamais de prier, comment se fait-il que si rarement nous paraissions expérimenter le fruit de la prière ? Nous avons l’impression de ressortir de la prière comme nous y sommes entrés ; personne ne nous répond un mot, ne nous donne quoi que ce soit, nous avons l’impression d’avoir peiné en vain. Mais que dit le Seigneur dans l’évangile ? « Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste » (Jn 7,24). Qu’est-ce qu’un jugement juste sinon un jugement de foi ? Car « le juste vit de la foi » (Ga 3,11). Suis donc le jugement de la foi plutôt que ton expérience, car la foi ne trompe pas alors que l’expérience peut nous induire en erreur.

Et quelle est la vérité de la foi, sinon ce que le Fils de Dieu lui-même promet : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez, et cela vous sera accordé » (Mc 11,24). Que donc aucun d’entre vous, frères, ne tienne pour peu de chose sa prière ! Car, je vous l’affirme, celui à qui elle s’adresse ne la tient pas pour peu de chose ; avant même qu’elle ne soit sortie de notre bouche, il la fait écrire dans son livre. Sans le moindre doute nous pouvons être sûrs que soit Dieu nous accorde ce que nous lui demandons, soit il nous donnera quelque chose qu’il sait être plus avantageux. Car « nous ne savons que demander pour prier comme il faut » (Rm 8,26) mais Dieu a compassion de notre ignorance et il reçoit notre prière avec bonté... Alors « mets ta joie dans le Seigneur, et il accordera les désirs de ton cœur » (Ps 36,4).

Saint Bernard

 

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