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 	 Quinzième dimanche après la Pentecôte

Évangile selon saint Luc (7, 11-16)
 

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de gens de la ville. à sa vue, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : « Ne pleure pas. » Puis, s’approchant, il toucha le cercueil et les porteurs s’arrêtèrent. « Jeune homme, dit-il, je te l’ordonné, lève-toi. » Le mort alors se dressa sur son séant et se mit à parler. Puis Jésus le remit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : « Un grand prophète a surgi parmi nous, et Dieu a visité son peuple ! »

 

Même pour ressusciter des morts, le Sauveur ne se contente pas d’agir par sa parole, porteuse pourtant des ordres divins. Pour cette œuvre si magnifique, il prend comme coopératrice, si l’on peut dire, sa propre chair, afin de montrer qu’elle a le pouvoir de donner la vie, et pour faire voir qu’elle ne fait qu’un avec lui : elle est bien en effet sa chair à lui, et non pas un corps étranger.

C’est ce qui est arrivé quand il a ressuscité la fille du chef de la synagogue, en lui disant : « Mon enfant, lève-toi ! » (Mc 5,41) Il l’a prise par la main, selon qu’il est écrit. Il lui a redonné la vie, comme Dieu, par un commandement tout-puissant, et il l’a vivifiée aussi par le contact de sa sainte chair témoignant ainsi que, dans son corps comme dans sa parole, une même énergie divine était à l’œuvre. De même encore, quand il est arrivé dans une ville nommée Naïm, où l’on enterrait le fils unique de la veuve, il a touché le cercueil en disant : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! » (Lc 7,14)

Ainsi, non seulement il confère à sa parole le pouvoir de ressusciter les morts, mais encore, pour montrer que son corps est vivifiant, il touche les morts, et par sa chair il fait passer la vie dans leurs cadavres. Si le seul contact de sa chair sacrée rend la vie à un corps qui se décompose, quel profit ne trouverons-nous pas à sa vivifiante eucharistie quand nous ferons d’elle notre nourriture ? Elle transformera totalement en son bien propre, qui est l’immortalité, ceux qui y auront participé.

S. Cyrille d’Alexandrie  ; (Commentaire sur l’Évangile de Jean, 4)

 

 

La divine miséricorde se laisse vite fléchir par les gémissements de cette mère. Elle est veuve ; les souffrances ou la mort de son fils unique l’ont brisée... Il me semble que cette veuve, entourée de la foule du peuple, est plus qu’une simple femme méritant par ses larmes la résurrection d’un fils, jeune et unique. Elle est l’image même de la Sainte Eglise qui, par ses larmes, au milieu du cortège funèbre et jusque dans le tombeau, obtient de rappeler à la vie le jeune peuple du monde...

Car à la parole de Dieu les morts ressuscitent, ils retrouvent la voix et la mère recouvre son fils ; il est rappelé de la tombe, il est arraché au sépulcre. Quelle est cette tombe pour vous, sinon votre mauvaise conduite ? Votre tombeau c’est le manque de foi... De ce sépulcre, le Christ vous libère ; vous sortirez du tombeau si vous écoutez la parole de Dieu. Et si votre péché est trop grave pour que puissent le laver les larmes de votre pénitence, qu’interviennent pour vous les pleurs de votre mère l’Eglise... Elle intercède pour chacun de ses enfants, comme pour autant de fils uniques. En effet, elle est pleine de compassion et éprouve une douleur spirituelle toute maternelle lorsqu’elle voit ses enfants entraînés à la mort par le péché.

Saint Ambroise (Sur l’évangile de St Luc, V, 89)

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