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13 ème après pentecôte

Evangile selon saint Luc (17, 11-19)
 

En ce temps-là, comme il faisait route vers Jérusalem, Jésus passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. à son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. S’arrêtant à distance, ils élevèrent la voix : « Jésus, Maître, dirent-ils, aie pitié de nous ! » à cette vue, il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris. L’un d’entre eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, et il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, en le remerciant. Or, c’était un Samaritain. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été guéris ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est donc trouvé pour revenir rendre gloire à Dieu que cet étranger ! » Puis il lui dit : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. »  

 

Le sacerdoce des Juifs a été la figure du sacerdoce qui est dans l’Église ; le Seigneur guérit et corrige par lui-même tous les autres vices dans l’intérieur de la conscience : mais le pouvoir d’instruire et de sanctifier les âmes par l’administration des sacrements et d’enseigner par la prédication extérieure a été donné à l’Église. « Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris » ; en effet les Gentils que Pierre vint trouver, avant d’avoir reçu le sacrement de baptême, qui nous fait parvenir spirituellement jusqu’aux prêtres, furent manifestement purifiés par l’effusion de l’Esprit saint. Tout fidèle donc qui dans la société de l’Église possède la doctrine de la foi dans sa vérité et dans son intégrité, et qui n’a pas été souillé par les taches si variées de l’erreur comme par une lèpre, et qui par un sentiment d’ingratitude pour le Dieu qui l’a purifié ne se prosterne pas humblement à ses pieds, est semblable à ceux dont parle l’apôtre saint Paul : « Qui ayant connu Dieu, ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ».

S. Augustin (quest. Evang., 2, 40)

 

 

De nos jours, on voit beaucoup de gens qui prient, mais hélas, on n’en voit pas qui reviennent sur leurs pas et rendent grâce à Dieu... « N’ont-ils pas été guéris tous les dix ? Où sont donc les neuf autres ? » Vous vous rappelez, je pense, que c’est en ces termes que le Sauveur se plaignait de l’ingratitude des neuf autres lépreux. Nous lisons qu’ils savaient bien «   ;prier, supplier et demander », car ils ont élevé la voix pour s’écrier : « Jésus, fils de David, ayez pitié de nous ». Mais il leur a manqué une quatrième chose que réclame l’apôtre Paul : « l’action de grâce » (1Tm 2, 1), car ils ne sont pas revenus sur leurs pas et n’ont pas rendu grâce à Dieu.

Nous voyons bien encore de nos jours un certain nombre de personnes qui demandent à Dieu avec instance ce qui leur manque, mais on n’en voit qu’un petit nombre qui semblent reconnaissants des bienfaits qu’ils ont reçus. Il n’y a pas de mal à demander avec instance, mais ce qui fait que Dieu ne nous exauce pas, c’est qu’il trouve que nous manquons de gratitude. Après tout, peut-être est-ce encore un acte de clémence de sa part de refuser aux ingrats ce qu’ils demandent, pour qu’ils ne soient pas jugés d’autant plus rigoureusement à cause de leur ingratitude... C’est donc par miséricorde que Dieu retient parfois sa miséricorde...

Vous voyez donc que tous ceux qui se trouvent guéris de la lèpre du monde, je veux dire des désordres évidents, ne profitent pas de leur guérison. Plusieurs, en effet, sont atteints secrètement d’un ulcère pire que la lèpre, d’autant plus dangereux qu’il est plus intérieur. C’est pourquoi c’est avec raison que le Sauveur du monde demande où sont les neuf autres lépreux, car les pécheurs s’éloignent du salut. C’est ainsi qu’après son péché, Dieu a demandé au premier homme : « Où es-tu ? » (Gn 3,9)

S. Bernard (Sermons divers, n° 27)

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