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LA GLOIRE DU FILS DE L'HOMME

 

« Jésus  leva ses yeux au ciel, et dit, Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné autorité sur toute chair, afin que, [quant à] tout ce que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle. Et ceci est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ; et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (17:1-5).

 

 

Le Seigneur a fini Ses instructions d’adieu à Ses disciples ; ils avaient désormais à rendre témoignage de Lui et pour Lui, du fait qu’Il allait les quitter, Son propre témoignage personnel étant maintenant achevé. Il leur avait parlé non seulement de manière complète, mais Il leur avait promis d’envoyer le Saint Esprit du ciel après Son départ afin qu’il y ait à la fois de la puissance et de la vérité. Sous le ciel donc, le Sauveur lève les yeux en s’adressant à Son Père. Lui qui, même comme Fils de l’homme, est dans le ciel en tant que Personne divine (3:13), Il allait y aller et y être présent corporellement une fois l’œuvre de la rédemption effectuée. En vertu de cette œuvre accomplie dans la mort, et démontrée en résurrection, Il allait s’asseoir là-haut, Témoin du caractère infiniment agréable de cette œuvre. Son ministère propre sur la terre s’était pleinement exercé à la fois envers les hommes et envers les disciples. Il se tourne vers le Père comme toujours, mais en laissant les Siens L’écouter, car Il voulait ouvrir Son cœur ; Il le voulait certes au sujet de Lui-même et de Son œuvre, mais encore plus à leur sujet, car Il restait toujours l’Envoyé et le Serviteur en amour divin, quoiqu’Il fût Seigneur de tout. Il avait regardé vers le ciel quand Il avait béni et rompu les cinq pains pour nourrir les cinq mille (Marc 6:41). Il avait regardé vers le ciel en soupirant lorsqu’Il avait donné au bègue-sourd d’entendre et de parler (Marc 7:34). C’est en haut qu’Il regarda au tombeau de Lazare, et Il dit : Père, je te rends grâce de ce que tu m’as entendu (11:41). Et ici Il lève une fois de plus les yeux et dit : « Père l’heure est venue, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie » (17:1). Il est toujours une Personne Divine, le Fils, mais Il est en chair ; Il n’est pas ici comme dans les autres évangiles, le rejeté qui souffre en agonie, mais Il est le parfait exécutant des desseins de Dieu, célestes et éternels, et comme Fils, la manifestation du Père.

 

 

C’est pourquoi, quelle que soit la nécessité et l’importance extrême de Sa mort sans laquelle tout le reste aurait été vain pour la gloire de Dieu en présence du péché et de la ruine, Il n’en parle nulle part ici ; Il ne demande pas non plus la résurrection, mais seulement la glorification. En outre, le nom du Père, tellement mis en avant dans cet évangile, et spécialement dans ces discours finaux à Ses disciples, est à l’évidence encore plus abondant dans ce chapitre. C’est en effet la caractéristique du chrétien ; même dans la forme la plus simple de Sa bénédiction, les plus jeunes, les petits enfants sont décrits par notre apôtre comme ayant la connaissance du Père (1 Jean 2:13) : c’est un privilège merveilleux, rendu possible seulement par le fait de la venue du Fils de Dieu et de la rédemption opérée, dont on ne peut jouir que par le Saint Esprit qui est donné, l’Esprit d’adoption. Or comme au commencement le zèle de la maison de Son Père Le dévorait (2:17), ainsi ici Son cœur est occupé à glorifier Son Père dans ce ciel vers lequel Ses yeux se lèvent. « Père l’heure est venue : glorifie Ton Fils », mais même dans ces conditions, c’est encore « afin que ton Fils te glorifie » (17:1). Devenu homme, Il demande au Père de Le glorifier ; Il est Fils, et une fois glorifié au ciel, c’est encore pour glorifier le Père. « Comme tu lui as donné autorité sur toute chair, afin que, [quant à] tout ce que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle » (17:2). Bien qu’Il fût Dieu, Il n’exerce aucun pourvoir de son propre chef ; Il tient fidèlement la place dans laquelle Il s’est plu à venir, et comme homme Il reçoit l’autorité de la part du Père, mais une autorité inconcevable s’Il n’était pas Dieu, à la fois à cause de l’universalité de la sphère où elle s’exerce, et à cause de la particularité de Son objet. Car l’autorité qui Lui a été donnée est « sur toute chair » ; et le but spécial maintenant, quant à tout ce que le Père Lui a donné, c’est de leur donner la vie éternelle. Ainsi le droit de notre Seigneur s’étend sans limite, le Gentil n’en étant pas plus écarté que le Juif, tandis que la vie éternelle n’est la part que de ceux que le Père Lui a donnés, comme ailleurs il est dit qu’elle n’appartient qu’au croyant.

 

 

Ceci conduit à l’explication de la « vie éternelle » en question. La vie pour toujours, la vie pour l’éternité, était déjà la bénédiction commandée par l’Éternel sur les montagnes de Sion (Ps. 133:3) ; et d’entre les nombreux Juifs qui dorment dans la poussière de la terre, quelques-uns se réveilleront pour la vie éternelle, tandis que d’autres seront un objet de honte et de mépris éternel (Dan. 12:2). Or ces deux passages de l’Écriture évoquent ce grand virage pour la terre, le royaume au moment où il viendra en puissance et en gloire. Le Seigneur parle de la vie comme donnée en Lui à la foi maintenant. « Et c’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (17:3). Si on veut la distinguer d’avec ce qui doit être goûté dans le royaume bientôt manifesté, elle réside, quant à son caractère, dans la connaissance non pas du Très-Haut, possesseur des cieux et de la terre, avec le vrai Melchisédec sacrificateur sur Son trône (Gen. 14 ; Zach. 6:13 ; Héb.7), mais dans la connaissance du Père et de Celui qu’Il a envoyé, le seul vrai Dieu maintenant pleinement révélé dans le Fils, le seul médiateur entre Dieu et l’homme (1 Tim. 2:5). Si l’on distingue du passé, ce n’est plus le Dieu Créateur donnant des promesses aux pères protégés et logeant à l’ombre du Tout-Puissant (Ps. 91:1) ; ce n’est pas encore les fils d’Israël en relation avec le nom de l’Éternel, le gouverneur moral de cette nation élue. Mais les enfants de Dieu possèdent maintenant la révélation du Père et de Jésus Christ qu’Il a envoyé ; et cette connaissance est identifiée, non avec des promesses ni avec du gouvernement, mais avec la « vie éternelle » comme une chose présente en Christ, la part de tout croyant. Il n’est pas possible que Dieu accorde ni que l’homme reçoive une bénédiction plus profonde ; car c’est exactement ce qui a caractérisé le Seigneur Lui-même, qui est la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée (1 Jean 1:2). De Christ seul on peut dire qu’il est cette vie ; nous comme croyants, nous ne sommes pas la vie éternelle, mais nous l’avons en Lui ; et comme elle n’est reçue que par la foi, c’est pareillement par la foi qu’elle est exercée, soutenue et fortifiée.

On peut noter en outre, que comme la vie éternelle se rattache à la connaissance du Père, le seul vrai Dieu, en contraste avec les nombreux faux dieux des Gentils, ainsi elle ne peut être que là où Christ est connu comme Celui que le Père a envoyé, en contraste avec Son rejet par les Juifs qui a produit leur profonde culpabilité et leur ruine. Ni le Fils ni le Saint Esprit ne sont exclus de la Déité, comme cela est prêché et admis ailleurs, en égalité avec le Père, tant pour le Fils que pour le Saint Esprit. Le but de ce v. 3 est d’affirmer la Déité du Père et de spécifier la place prise ici-bas par Celui qui n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais qui s’est anéanti Lui-même, prenant la forme d’esclave (Phil. 2:7). Il était ici pour obéir, pour faire la volonté du Père qui L’a envoyé. Mais avoir pris une telle place dans un amour humble, c’est la preuve la plus forte, même si elle est indirecte, de Sa Déité propre et éternelle ; car même l’archange est un serviteur, et ne peut jamais s’élever hors de sa position ou de sa relation de serviteur. Par contre, le Fils s’est plu à prendre cette position pour assurer la pleine bénédiction de la rédemption à la gloire de Dieu le Père. Ainsi la vie était en Lui, et Il était la vie éternelle avant tous les âges ; mais Il est vu ici comme descendant pour conférer la vie éternelle dans une scène qui s’est écartée de Dieu, et la conférer à une créature qui autrement devait connaître la mort sous sa forme la plus terrible de jugement, et la connaître maintenant du fait de sa culpabilité.

 

 

Ensuite le Seigneur présente Son œuvre : nous avons vu Sa Personne comme cela a déjà été évoqué. Mais maintenant Il insiste sur ce qu’Il a fait ici-bas. « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ; et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (17:4-5). Le langage ici est davantage celui d’une relation entretenue, tandis qu’au ch. 13:31-32 il était plutôt question de glorifier Dieu devant qui le péché tombe sous un jugement impitoyable. Ici il s’agit de glorifier Son Père, et il n’est donc pas particulièrement envisagé ce traitement final où tout ce que Dieu est et ressent sortira contre le mal qui a été imputé sur la tête du Fils de l’homme. Ici on a un sommaire de tout le chemin de Christ sur la terre se donnant Lui-même pour obéir et plaire à Son Père. C’est pourquoi il était d’autant plus nécessaire de préciser son achèvement : « j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (17:4b). Il parle autant comme serviteur fidèle que comme Fils de Dieu conscient de l’être et qui voit tout achevé à la gloire du Père, qui Lui avait donné à faire l’œuvre que Lui seul pouvait faire. Et là-dessus Il demande au Père de Le glorifier, non pas seulement à cause de Sa gloire et de Sa relation personnelles, mais en vertu de l’œuvre achevée ici-bas à Sa gloire afin de pouvoir nous assurer un droit sûr et valable de nous joindre à Lui dans la même bénédiction céleste.

Il n’a jamais cessé d’être Dieu ni ne pouvait cesser de l’être, et pareillement après l’incarnation Il n’a pas cessé ni ne cessera jamais d’être homme ; mais étant descendu ici-bas en amour divin pour être un serviteur et un homme qui glorifie Dieu le Père et qui soit un bon canal de justice pour tous les desseins de grâce divine, Il demande à être glorifié par le Père auprès de Lui de la gloire qu’Il avait auprès de Lui avant que le monde fût. C’est là qu’Il avait été dès l’éternité comme le Fils ; c’est là qu’Il demande à être pour l’éternité comme le Fils, mais maintenant aussi comme homme, la Parole faite chair mais ressuscitée. C’était Sa perfection comme homme de demander cette glorification. Il ne se glorifie pas Lui-même, même pas comme ressuscité. Il s’est anéanti et s’est abaissé pour la gloire du Père ; Il demande au Père de Le glorifier, bien qu’Il déclare Sa qualification divine et éternelle en demandant d’être glorifié de la gloire qu’Il avait auprès du Père avant que le monde fût. Jamais il n’y eut une requête si lourde de contenu, jamais de base aussi solide pour la justice, jamais de grâce aussi exquise et infinie.

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