Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Troisième dimanche après l’Épiphanie

 

Évangile selon saint Jean 2, 1-11

 

En ce temps-là, à sa descente de la montagne, des foules nombreuses suivirent Jésus. Et voici qu’un lépreux s’approcha et se prosterna devant lui, en disant : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir. » Jésus étendit la main et le toucha : « Je le veux, dit-il, sois guéri. » Et aussitôt sa lèpre fut guérie. Mais Jésus lui dit : « Garde-toi d’en rien dire à personne ; va au contraire te montrer au prêtre, et offre le don qu’a prescrit Moïse : ce sera pour tous une attestation. » Lorsque Jésus fut entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia, en disant : « Seigneur, mon serviteur est au lit chez moi, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. » - « Seigneur, reprit le centurion, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis un mot seulement et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui ne suis qu’un subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : ‘Va !’ et il va ; et à un autre : ‘Viens !’ et il vient ; et à mon serviteur : ‘Fais cela !’ et il le fait. » En l’entendant, Jésus fut dans l’admiration, et il dit à ceux qui le suivaient : « En vérité, je vous le dis, chez personne en Israël je n’ai trouvé pareille foi. Aussi, je vous le déclare, beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. » Puis Jésus dit au centurion : « Va ; qu’il te soit fait comme tu as cru. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.

Dans la lecture de l’Évangile, nous avons entendu Jésus louer notre foi, jointe à l’humilité. Quand il a promis d’aller dans sa demeure guérir le serviteur du centurion, celui-ci a répondu : « Je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». En se disant indigne, il se montre digne, digne non seulement que le Christ entre dans sa maison, mais aussi dans son cœur.

Car ce n’aurait pas été pour lui un grand bonheur si le Seigneur Jésus était entré dans sa maison sans être dans son cœur. En effet le Christ, Maître en humilité par son exemple et ses paroles, s’est assis à table dans la demeure d’un pharisien orgueilleux, nommé Simon (Lc 7,36s). Mais bien qu’il ait été à sa table, il n’était pas dans son cœur : là, « le Fils de l’Homme n’avait pas où reposer sa tête » (Lc 9,58). Au contraire, ici il n’entre pas dans la maison du centurion, mais il possède son cœur.

C’est donc la foi jointe à l’humilité que le Seigneur loue chez ce centurion. Quand celui-ci dit : « Je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit », le Seigneur répond : « En vérité, je vous le dis, je n’ai pas trouvé une telle foi en Israël ». Le Seigneur était venu au peuple d’Israël selon la chair, pour chercher d’abord dans ce peuple sa brebis perdue (cf Lc 15,4). Nous autres, en tant qu’hommes, nous ne pouvons pas mesurer la foi des hommes. C’est celui qui voit le fond des cœurs, celui que personne ne trompe, qui a témoigné de ce qu’était le cœur de cet homme, entendant sa parole pleine d’humilité et lui donnant en retour une parole qui guérit.

Saint Augustin (Sermon 62)

 

Tag(s) : #Commentaire

Partager cet article

Repost 0