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Quatrième dimanche après l’Épiphanie

 

 

Évangile selon saint Matthieu (8, 23-27)

 

En ce temps-là, Jésus monta dans la barque et ses disciples le suivirent. Soudain il s’éleva sur la mer une grande tempête, au point que la barque était recouverte par les vagues. Lui cependant dormait. Ils s’approchèrent donc et l’éveillèrent, en disant : « Seigneur, au secours ! nous périssons ! » Mais il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ! » Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Tous furent saisis d’admiration, et ils disaient : « Quel est-il donc celui-là, que même les vents et la mer lui obéissent ! »

 

Je vais, avec la grâce du Seigneur, vous entretenir de la lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre, et avec sa grâce encore vous exciter à ne pas laisser la foi sommeiller dans vos cœurs en face des tempêtes et des vagues de ce siècle.

Tu as entendu une parole outrageuse, c’est un coup de vent ; tu t’irrites, c’est le flot qui monte. Or quand le vent souffle, quand le flot s’élève, le vaisseau est en péril, ton cœur est exposé, il est agité par la vague. Tu désires te venger de cette injure, tu te venges en effet ; tu cèdes ainsi sous le poids de la faute d’autrui et tu fais naufrage. Pourquoi ? Parce que le Christ sommeille dans ton âme. Qu’est-ce à dire : le Christ sommeille dans ton âme ? C’est-à-dire que tu l’oublies. Réveille-le donc, rappelle son souvenir, que le Christ s’éveille en toi ; arrête la vue sur lui. Que prétendais-tu ? Te venger. Tu oublies donc qu’au moment où on le crucifiait il disait : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ? » Celui qui dort dans ton cœur n’a point voulu se venger. Réveille-le, pense à lui. Son souvenir, c’est sa parole ; son souvenir, c’est son commandement. Et quand il sera éveillé en toi tu diras : Qui suis-je pour vouloir me venger ? Qui suis-je pour menacer un homme comme moi ? Peut-être mourrai-je avant de m’être vengé. Et lorsque haletant, enflammé de colère et altéré de vengeance je quitterai mon corps, je ne serai pas reçu par Celui qui a refusé de se venger, je ne serai pas reçu par Celui qui a dit : « Donnez et on vous donnera ; pardonnez et on vous pardonnera. » Aussi vais-je apaiser mon irritation et revenir au repos du cœur. Le Christ alors a commandé à la mer et le calme s’est rétabli.

 

Ce que j’ai dit de la colère, appliquez-le exactement à toutes vos tentations. Une tentation se fait sentir, c’est le vent qui souffle ; tu t’émeus, c’est la vague qui s’élève. Réveille le Christ, qu’avec toi il élève la voix. « Quel est-il, puisque les vents et la mer lui sont soumis ? » Quel est-il, puisque la mer lui obéit ? La mer est à lui, c’est lui qui l’a faite. Tout a été fait par lui. Toi surtout imite les vents et la mer, obéis à ton Créateur. La mer s’incline à la voix du Christ, et tu restes sourd ? La mer s’arrête, les vents s’apaisent, et tu souffles encore ? Qu’est-ce à dire ? Parler, agir, projeter encore, n’est-ce pas souffler toujours et refuser de s’arrêter devant l’ordre du Christ ? Que les flots ne vous submergent pas en troublant votre cœur. Si néanmoins, comme nous sommes des hommes, si le vent nous abat, s’il altère les affections de notre âme, ne désespérons point ; réveillons le Christ, afin de poursuivre tranquillement notre navigation et de parvenir à la patrie.

Saint Augustin (Sermon 63)

Ô mon Dieu, mon cœur est comme une vaste mer toujours agitée par les tempêtes : qu’il trouve en vous la paix et le repos. Vous avez commandé aux vents et à la mer de se calmer, et à votre voix ils se sont apaisés ; venez apaiser les agitations de mon cœur, afin que tout en moi soit calme et tranquille, afin que je puisse vous posséder, vous mon unique bien, et vous contempler, douce lumière de mes yeux, sans trouble et sans obscurité. Ô mon Dieu, que mon âme, délivrée des pensées tumultueuses de ce monde-ci, « se cache à l’ombre de vos ailes » (Ps 16,8). Qu’elle trouve près de vous un lieu de rafraîchissement et de paix ; toute transportée de joie, qu’elle puisse chanter : « En vous maintenant je peux m’endormir et me reposer en paix en vous » (Ps 4,9).

Qu’elle se repose, je vous prie, mon Dieu, qu’elle se repose du souvenir de tout ce qui est sous le ciel, éveillée pour vous seul, comme il est écrit : « Je dors, mais mon cœur veille » (Ct 5,2). Mon âme ne peut être en paix et en sûreté, mon Dieu, que sous les ailes de votre protection (Ps 90,4). Qu’elle demeure donc éternellement en vous et qu’elle soit embrasée de votre feu. Que, s’élevant au-dessus d’elle-même, elle vous contemple et chante vos louanges dans la joie. Au milieu des troubles qui m’agitent, que vos dons soient ma douce consolation, jusqu’à ce que je vienne à vous, ô vous la paix véritable.

Saint Augustin (Méditations, ch. 37)

 

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