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Homélie pour la fête de la Théophanie

 

 

 

Frères, célébrant les grandes heures de la veille de la Théophanie, nous avons récité un certain nombre de psaumes, dont certains sont soigneusement choisis, pour cette occasion, par nos prédécesseurs dans la foi. Personnellement, j’ai été frappé de retrouver dans le nombre des psaumes des grandes heures de la Théophanie le psaume 41. Le fait de le prier dans ce contexte m’a poussé à lui attribué un sens que jusqu’à présent je n’y ai pas cherché. J’aimerais vous en faire part maintenant. 

« Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant ; quand irai-je et verrai-je la face de Dieu ? » C’est ainsi que commence le psaume 41. Il semble évident que l’image de l’âme assoiffée languissant après les eaux vives de Dieu est la raison pour laquelle ce psaume a été choisi pour les grandes heures de la fête de la Théophanie. Vous savez que, contrairement à la tradition latine qui entend par l’Epiphanie la manifestation de la royauté et de la divinité de l’enfant Jésus aux mages venus d’Orient, la tradition byzantine célèbre dans la Théophanie la manifestation de la filiation divine du Christ manifestée lors de son baptême dans le Jourdain, des mains de Jean-Baptiste. Cette tradition s’est établie relativement récemment, puisqu’à l’époque des Grands Cappadociens – c’est-à-dire au IVe siècle – la distinction entre la Nativité et la Théophanie n’était pas encore solidement établie. On célébrait dans la Théophanie toutes les grandes étapes de la manifestation du Fils de Dieu à l’humanité : par sa naissance, son adoration par les mages, dans son baptême au Jourdain. 

Mais revenons à notre sujet principal : le psaume 41, dont nous avons décidé de parler, a donc été choisi pour célébrer la Théophanie-Baptême du Seigneur. Nous avons vu que c’était à cause de l’allusion à l’eau vive de Dieu dont l’âme humaine a soif. N’est-ce pas un lien magnifique : l’homme a soif de Dieu, des eaux vives de la grâce divine. Certes, ce psaume peut être interprété tout à fait allégoriquement : les eaux vives seraient alors les dons de Dieu, la grâce de sa présence, son action dans les saints qui l’aiment. Mais n’y a-t-il pas aussi un sens plus concret pour nous, chrétiens ? Les eaux vives après lesquelles nous languissons, telle une biche, ne sont-elles pas les eaux de notre baptême ? L’image de la biche se désaltérant aux eaux vives qui sont sa vie n’est-ce pas une remarquable description du chrétien qui, dans les eaux du baptême, se remplit de la vie de Dieu, reçoit l’Esprit de vie et de sanctification, étanche la soif de la connaissance de Dieu, de la rencontre avec le Seigneur ? 

Célébrant aujourd’hui le baptême du Seigneur Jésus qui a sanctifié les eaux et donné sens à notre propre baptême, nous pouvons dire, avec l’auteur du psaume 41, « qu’as-tu mon âme à défaillir et à gémir sur toi ? Espère en Dieu : à nouveau je lui rendrai grâce, le salut de ma face et mon Dieu ». A nouveau rendons grâce à Celui qui, pour nous sauver, n’a rien refusé ni omis : le voici aujourd’hui devant Jean-Baptiste pour purifier l’eau qui sera notre bain de régénération. Espérons en Dieu et n’ayons crainte de rien : Dieu ne recule devant rien pour ramener au bonheur l’homme qu’il a créé. Désaltérons-nous joyeusement à la source de l’immortalité : nous qui sommes purifiés par l’eau et l’Esprit, buvons le sang de l’Agneau qui pour nous, aujourd'hui, est baptisé par Jean le Précurseur, dans le Jourdain. 

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