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Quatrième  Dimanche de l'Avant

Évangile selon saint Matthieu (11, 2-10)

En ce temps-là, ayant appris dans sa prison les œuvres du Christ, Jean lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de scandale ! » Comme ceux-ci s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Mais encore qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Ceux qui portent des habits délicats habitent les palais des rois. Pourquoi donc alors y êtes-vous allés ? Pour voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. C’est celui dont il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour te préparer la route devant toi.’ »

 

A propos de Jean le Baptiste, nous lisons chez Luc : « Il sera grand devant le Seigneur, et il ramènera beaucoup des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu. Il marchera devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie, afin de préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé » (Lc 1,15s). Pour qui donc a-t-il préparé un peuple et devant quel Seigneur a-t-il été grand ? Sans aucun doute devant celui qui a dit que Jean avait quelque chose de « plus qu’un prophète » et que « personne d’entre les enfants des femmes n’était plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11,9.11). Car Jean préparait un peuple en annonçant d’avance à ses compagnons de servitude la venue du Seigneur et en leur prêchant la pénitence, afin que, lorsque le Seigneur serait présent, ils soient en état de recevoir son pardon, qu’ils reviennent à celui dont ils s’étaient éloignés par leurs péchés et leurs transgressions. C’est pourquoi, en les ramenant à leur Seigneur, Jean préparait au Seigneur un peuple bien disposé, dans l’esprit et la puissance d’Élie.

Jean l’évangéliste nous dit : « Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière. Il n’était pas la Lumière, mais il venait pour lui rendre témoignage » (1,6-8). Ce précurseur, Jean le Baptiste, qui rendait témoignage à la lumière, a été envoyé sans aucun doute par le Dieu qui avait promis par les prophètes d’envoyer son messager devant la face de son Fils pour lui préparer le chemin (Ml 3,1 ; Mc 1,2), c’est-à-dire pour rendre témoignage à la Lumière dans l’esprit et la puissance d’Élie.

Précisément parce que Jean est un témoin, le Seigneur dit qu’il était plus qu’un prophète. Tous les autres prophètes ont annoncé la venue de la lumière du Père et ont désiré être jugés dignes de voir celui qu’ils prêchaient. Jean a prophétisé comme eux mais il l’a vu présent, il l’a montré et a persuadé beaucoup de croire en lui, si bien qu’il a tenu à la fois la place d’un prophète et celle d’un apôtre. Voilà pourquoi le Christ dit de lui qu’il était « plus qu’un prophète ».

Saint Irénée de Lyon

 

En allant dans le désert, vous avez prouvé par votre empressement que Jean n’était pas semblable à un roseau mobile. Et on ne peut dire que Jean, ferme et inébranlable de sa nature, est devenu inconstant en s’abandonnant à une vie de plaisirs ; car de même qu’un homme est naturellement colère, et qu’un autre le devient par suite de longues souffrances, ainsi il en est qui sont inconstants par nature, et d’autres qui le deviennent en se livrant à leurs passions. Or, Jean-Baptiste n’était pas inconstant par nature, et c’est pour cela que le Sauveur leur fait cette question : « Êtes-vous allés voir un roseau agité par le vent ? » Ce n’est pas non plus en devenant l’esclave de la volupté qu’il a perdu cette élévation de caractère : le désert qu’il habitait, la prison où il est renfermé prouvent le contraire. S’il avait voulu se vêtir avec mollesse, il n’eût pas choisi pour habitation le désert, mais les palais des rois, car : « Ceux qui sont vêtus mollement, sont dans la maison des rois ».

S. Jean Chrysostome (hom. 37)

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