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6 éme DIMANCHE  DE  L'AVENT

Évangile selon saint Luc (3, 1-6)

L’An quinze du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d’Abilène, sous le pontificat d’Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Il parcourut alors toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Une voix crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers ; que tout ravin soit comblé, toute montagne ou colline abaissée ; que les passages tortueux deviennent droits, que les chemins raboteux soient nivelés. Et tout homme verra le salut de Dieu’. »

« Préparez le chemin du Seigneur. » Frères, le chemin du Seigneur qu’il nous est demandé de préparer se prépare en marchant, et c’est en le préparant qu’on y marche. Même si vous vous êtes beaucoup avancés sur ce chemin, il vous reste toujours à le préparer, afin que, du point où vous êtes parvenus, vous soyez toujours tendus au-delà. Voilà comment, à chaque pas que vous faites, le Seigneur à qui vous préparez la voie vient à votre rencontre, toujours nouveau, toujours plus grand. C’est donc avec raison que le juste prie ainsi : « Enseigne-moi le chemin de tes volontés et je le chercherai toujours » (Ps 118,33). Peut-être l’a-t-on appelé « voie éternelle » parce que si la Providence a prévu le chemin de chacun et lui a fixé un terme, cependant la bonté de celui vers qui vous vous avancez n’a pas de limite. C’est pourquoi le voyageur sage et décidé se dira qu’il ne fait que commencer lorsqu’il arrivera ; il oubliera ce qui est derrière lui pour se dire chaque jour : « Maintenant, je commence » (Ph 3,13 ; Ps 76,11 Vulg)...

Mais nous qui parlons de progrès dans ce chemin, plût au ciel que nous ayons au moins commencé ! À mon avis, quiconque s’est mis en route est déjà sur la bonne voie ; il faut toutefois que l’on ait vraiment commencé, que l’on ait « trouvé le chemin de la ville habitée », comme dit le psaume (106,4). Car « ils sont peu nombreux ceux qui le trouvent » dit la Vérité elle-même (Mt 7,14). Ils sont nombreux, ceux qui « errent dans les solitudes »...

Et toi Seigneur, tu nous as préparé un chemin, si seulement nous consentons à nous y engager. Tu nous as enseigné le chemin de tes volontés en disant : « Voici le chemin, suivez-le sans vous égarer à droite ou à gauche » (Is 30,21). C’est le chemin que le prophète avait promis : « Il y aura une route droite et les insensés ne s’y égareront pas » (Is 35,8). J’ai été jeune, maintenant je suis vieux (Ps 36,25) et, si j’ai bonne mémoire, je n’ai jamais vu d’insensés s’égarer sur ton chemin ; c’est tout juste si j’ai vu quelques sages qui aient pu le suivre jusqu’au bout.

Bienheureux Guerric d’Igny

Que la naissance de Jean soit commémorée quand les jours diminuent, et celle du Seigneur lorsqu’ils commencent à augmenter, comporte une signification symbolique. Jean, en effet, a lui-même révélé le secret de cette différence. Les foules le prenaient pour le Messie en raison de ses vertus éminentes, tandis que certains considéraient le Seigneur non comme le Messie mais comme un prophète, à cause de la faiblesse de sa condition corporelle. Et Jean a dit : « Il faut que lui il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30). Le Seigneur a vraiment grandi car, alors qu’on le regardait comme un prophète, il a fait connaître aux croyants du monde entier qu’il était le Messie. Jean a décru et diminué car lui qu’on prenait pour le Messie est apparu non comme le Messie, mais comme l’annonciateur du Messie.

Il est donc normal que la clarté du jour commence à diminuer à partir de la naissance de Jean, puisque la réputation de sa divinité allait s’évanouir et son baptême bientôt disparaître. Il est également normal que la clarté des jours les plus courts recommence à grandir dès la naissance du Seigneur : il est, en vérité, venu sur terre pour révéler à tous les païens la lumière de sa connaissance dont, auparavant, les juifs seuls possédaient une partie, et pour répandre partout dans le monde le feu de son amour.

Saint Bède le Vénérable

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