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Treizième dimanche après la Pentecôte

Evangile selon saint Luc (17, 11-19)

En ce temps-là, comme il faisait route vers Jérusalem, Jésus passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. à son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. S’arrêtant à distance, ils élevèrent la voix : « Jésus, Maître, dirent-ils, aie pitié de nous ! » à cette vue, il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris. L’un d’entre eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, et il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, en le remerciant. Or, c’était un Samaritain. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été guéris ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est donc trouvé pour revenir rendre gloire à Dieu que cet étranger ! » Puis il lui dit : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé. »

Il est heureux, ce lépreux samaritain qui reconnaissait qu’il « n’avait rien qu’il n’ait reçu » (1Co 4,7). Il a « sauvegardé ce qui lui avait été confié » (2Tm 1,12) et il est revenu vers le Seigneur en lui rendant grâces. Heureux celui qui, à chaque don de la grâce, revient à celui en qui se trouve la plénitude de toutes les grâces, car si nous nous montrons reconnaissants à son égard pour tout ce que nous avons reçu, nous préparons en nous la place à la grâce en plus grande abondance. En effet, il n’y a que notre ingratitude qui arrête nos progrès après notre conversion.

Heureux donc celui qui se regarde comme un étranger, et qui rend de grandes actions de grâces même pour les moindres bienfaits, dans la pensée que tout ce qu’on donne à un étranger et à un inconnu est un don purement gratuit. Au contraire, que nous sommes malheureux et misérables lorsque, après nous être montrés d’abord timorés, humbles et dévots, nous oublions ensuite combien était gratuit ce que nous avons reçu. Je vous en prie donc, mes frères, tenons-nous de plus en plus humblement sous la main puissante de Dieu (1P 5,6). Tenons-nous avec une grande dévotion dans l’action de grâces, et il nous accordera la grâce qui seule peut sauver nos âmes. Montrons notre reconnaissance, non seulement en paroles et du bout des lèvres, mais par les œuvres et en vérité.

S. Bernard (Sermons divers, n°27)

« En cours de route, ils furent purifiés. » Il faut que les pécheurs entendent cette parole et fassent l’effort de la comprendre. Il est facile au Seigneur de remettre les péchés. Souvent, en effet, le pécheur est pardonné avant de venir trouver le prêtre. En réalité, il est guéri à l’instant même où il se repent. Quel que soit, en effet, le moment où il se convertit, il passe de la mort à la vie. Qu’il se rappelle cependant de quelle conversion il s’agit. Qu’il écoute ce que dit le Seigneur : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Jl 2,12). Toute conversion doit donc s’opérer dans le cœur, au-dedans.

« L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. » En réalité, cet homme représente tous ceux qui ont été purifiés dans l’eau du baptême ou guéris par le sacrement de pénitence. Ils ne suivent plus le démon, mais imitent le Christ, ils marchent à sa suite en le glorifiant et en lui rendant grâce, et ils n’abandonnent pas son service. « Jésus lui dit : Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. » Grande est donc la puissance de la foi, car « sans elle, selon la parole de l’apôtre, il est impossible d’être agréable à Dieu » (He 11,6). « Abraham eut foi en Dieu, et, de ce fait, Dieu estima qu’il était juste » (Rm 4,3). C’est donc la foi qui sauve, la foi qui justifie, la foi qui guérit l’homme dans son âme et dans son corps.

S. Bruno de Segni (Commentaire sur l’Évangile de Luc, 2, 40)

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