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LE DIMANCHE DE LA SAMARITAINE

La mi-Pentecôte –

L’évangile (Jean 4, 1-42) de la rencontre au puit de Jacob – l’eau de la tradition juive – exprime le message essentiel de ce temps liturgique : le don de l’Esprit saint. La cinquantaine qui unit Pâque à la glorieuse Descente de l’Esprit est marquée par la glorification continuelle de la Résurrection, qui ouvre au don de l’Esprit. Au milieu de ce « carême de l’Esprit », la fête de mi-Pentecôte culmine par l’annonce que le Christ fait de l’Eau vive. Les textes liturgiques commentent l’enseignement du Sauveur lors de la fête des Tentes (Jean 7, 37-39) : « que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive ! ».

Le Verbe et l’Esprit

Le Christ est le grand Donateur de l’Esprit. Il en est Lui-même totalement habité ; l’Esprit ruisselle de lui, comme l’ont très bien constaté ses contemporains, qui attestent qu’Il enseigne « avec puissance ». De toute éternité, l’Esprit repose sur lui, comme le révèle son baptême dans le Jourdain. Le Verbe est immergé dans l’Esprit et simultanément Il le contient. Il est conçu du saint Esprit, né du Père de toute éternité, et de la Vierge dans le temps. Porteur de l’Esprit, Il l’envoie d’auprès du Père le jour de Pentecôte, mais, dès sa Résurrection, Il l’insuffle à ses apôtres. Sans être la source de l’Esprit « issu du Père », le Fils en est la source seconde. C’est pourquoi, Il promet à la Samaritaine d’étancher sa soif.

La soif du Christ

Après avoir marché jusqu’au puit de Jacob, Jésus Christ a soif. Il montre ainsi la réalité de son humanité, comme lorsque, au désert, Il éprouva la faim. Adam exilé du Paradis éprouve la pauvreté et la faim, comme l’éprouva le Fils Prodigue. Mais, Dieu devenu homme, Jésus restaure en la nature humaine la soif essentielle, celle de la vie éternelle dont le Père est la source. Il renouvelle et étanche en nous la soif qui nous fait vivre, l’aspiration à l’union indicible avec la Divinité, et à l’accomplissement dans la ressemblance divine. Avoir soif de l’Esprit ! C’est le début du Salut… Un chant occidental de communion à Pâques dit : « Que l’homme assoiffé et affamé se rassasie gratuitement à la Source de vie et à l’Arbre de vie : alléluia ! ». Et l’hirmos de la 3ème ode pascale : « Venez, buvons tous au flot nouveau de la source d’immortalité merveilleusement jaillie, non plus du rocher dans le désert, mais sur le tombeau du Christ, notre force et notre joie ! »

L’adoration

Le Christ annonce ici le renouveau de la religion, le culte « en esprit et en vérité » ou « dans l’Esprit et dans la Vérité », c’est-à-dire, selon le commentaire de saint Paul (Philippiens 3, 3 et 2 Corinthiens 3, 17) : adorer le Père dans l’Esprit saint et dans le Christ (« la Vérité » en personne), ce qui est proprement le culte trinitaire. C’est la religion de la personne humaine et de la communauté des baptisés constituées en temple non fait de main d’homme. Elle est pleine de ferveur prophétique, pleine d’enthousiasme et de joie, issue directement de la Résurrection. Les temples chrétiens eux-mêmes, ou « églises », expriment, par leur architecture extérieure et intérieure, et par leur programme iconographique, ce même culte renouvelé, issu de la source biblique et que Jésus-Christ rend parfait par l’Esprit surgi du Père.

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