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Credo

INTRODUCTION

Le Credo ou Symbole de la foi est une confession solennelle des dogmes chrétiens, lue ou chantée pendant la Liturgie, avant le commencement du mystère eucharistique. Le premier mot de ce texte sacré en latin – Credo, « je crois » - se rapporte aux articles qui suivent et donnent à cette expression de la foi commune du peuple chrétien la valeur d’un engagement personnel de chaque membre de l’Église qui dit, avec tous les autres : « je crois » et plus loin « je confesse », « j’attends » (ou « j’espère »).

Mais est-il suffisant de confesser avec les lèvres, même quand on le fait en toute piété de cœur, si la pensée n’adhère pas au sens de ces parles qui ont été trouvées par les Pères de l’Église pour mettre la vérité révélée à la portée de chaque intelligence illuminée par la foi en Christ ?

Un grand théologien orthodoxe du siècle dernier, le Métropolite Philarète de Moscou, distinguait entre la foi – Vérité révélée, et la foi – adhésion consciente à la Révélation. Une fidélité aveugle à l’autorité de la foi n’est pas suffisante pour « avoir la foi » : « Tant que votre foi réside dans la Sainte Écriture et dans le Symbole, elle appartient à Dieu, à ses Prophètes, à ses Apôtres, aux Pères de l’Église ; elle n’est pas encore votre foi. Mais quand vous l’avez dans vos pensées, dans votre mémoire, vous commencez à acquérir la foi… »

Il faut donc étudier les douze articles du Symbole de la foi, afin que ces paroles que nous entendons à chaque Liturgie éveillent notre pensée et nous rendent ainsi des membres conscients de 1’Église du Christ.

Avant de commencer l’examen des dogmes chrétiens que le Credo exprime succinctement, disons quelques mots sur l’histoire de cette « règle de la foi » qui a reçu une autorité universelle dans l’Église.

Avant le début du IVe siècle, les « symboles » ou formulations brèves de la foi chrétienne étaient liés surtout au baptême et à la préparation catéchétique. Ils étaient donc assez nombreux et variaient selon les pratiques locales des Églises. Ces formules de confession que les nouveaux baptisés devaient prononcer le jour de leur baptême, s’appelaient au IIe siècle la « règle » ou le « canon » de la foi.

Un nouveau type de Credo, répondant à la nécessité de définir l’enseignement orthodoxe en l’opposant aux doctrines hérétiques, apparaît au IVe siècle : ce sont les symboles conciliaires, qui ne sont pas rattachés uniquement à la pratique baptismale, mais reçoivent une place plus large dans la vie de l’Église.

Le premier Credo promulgué par un concile général fut celui de Nicée (325). C’était un Credo local (« baptismal »), probablement de l’Église de Jérusalem, remanié par une commission de théologiens qui a dû l’amplifier pour rendre plus explicite la confession de la divinité du Christ, contre l’arianisme. Ce Credo avait encore l’autorité universelle d’une confession dogmatique aux Conciles de Constantinople (381), d’Éphèse (431) et de Calcédoine (451).

Le Credo que nous utilisons aujourd’hui sous le nom de « Symbole de Nicée-Constantinople » n’a qu’une ressemblance générale avec le premier Credo de Nicée. Notre Credo était, originairement, l’une des expressions de la « foi de Nicée », avec une confession de la divinité du Christ très développée, née dans la famille des symboles baptismaux d’Antioche-Jérusalem après 370. Ce Credo de type liturgique a été probablement retouché à Constantinople par les Pères du IIe Concile œcuménique pour usage baptismal, sans intention de la substituer au symbole de Nicée. On le lit avec celui-ci au IVe Concile (Chalcédoine) comme une formule dogmatique officiellement reconnue et il se trouve introduit en cette qualité dans la pratique liturgique de la capitale de l’Empire. Vers la fin du Ve siècle, ce Credo liturgique de Constantinople sera considéré comme la formule complète et définitive du Credo de Nicée, qu’il remplacera. Il sera reçu partout comme la « règle de foi » parfaite et il supplantera les autres symboles, baptismaux ou conciliaires, de la foi chrétienne. Le VIe Concile œcuménique (680) confirmera d’autorité du Credo dit « de Nicée-Constantinople ».

La chrétienté de l’Occident a conservé, à côté de ce Credo universel, un symbole local, dit « le Credo des Apôtres ». Les origines premières de ce Credo baptismal latin doivent remonter, sans doute, à une antiquité très vénérable, mais sa formulation définitive ne date que du VIe siècle.

à suivre...

Vladimir Lossky

Tag(s) : #orthodoxie

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