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SAINT SERVAIS ( ? + 384) évêque de TONGRES
SAINT SERVAIS ( ? + 384) évêque de TONGRES

L’évêché de TONGRES1 fut le siège le plus ancien de Belgique. Fondé dans la Civitas Tungrorum romaine. Saint Servais, dont l’existence historique est certaine, en sera le premier évêque mentionné dans l’histoire des Pays-Bas.

Saint Servais : on ne sait pas très bien d’où il vient. Saint Hariger, abbé de Lobbes, a fait un abrégé de sa vie. Il dit simplement qu’il était de haute naissance, son éducation soignée se ressentait dans sa conduite.

Chapeauville s’appuie sur l’adage « en histoire on dit ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas on l’invente » pour donner des informations plus détaillées. Il serait né en Arménie, à la frontière Perse, dans une famille noble d’origine juive. Cousin du Christ, il descendrait de la sœur de Sainte Anne. (excusez du peu…) ordonné prêtre à Jérusalem, un ange l’aurait transporté à Tongres… ! Il ne parlait qu’une langue comprise de tous et se nourrissait principalement de l’Eucharistie. Voilà pour la légende.

Quant à saint Grégoire de Tours, il se réfère à une biographie, aujourd’hui disparue et à la tradition orale.

Il fut élu évêque de Tongres en 315 ou 338, (là aussi les avis divergent), sur proposition d’un jeune homme (un ange dit-on). Il le prend par la main, le conduit à l’autel, lui remet la crosse pastorale et disparaît. Les fidèles confirment ce choix.

Très aimé de son peuple, il sera un défenseur acharné de la foi orthodoxe contre l’arianisme

Il participe à trois conciles :

- en 343 (et non 347 comme le prétendent les auteurs antérieurs à la découverte des lettres pascales de saint Athanase), au concile de Sardique en Illyrie (Sofia en Hongrie). Il y confirme la consubstantialité du verbe éternel avec le père, dans les termes définis par le concile de Nicée. St Athanase sera absout des accusations portées contre lui.

  • A Cologne en 346, ou il fait condamner et déposer Euphratès évêque de cette ville séduit par l’arianisme. (plus vraisemblablement le prédécesseur de cet évêque)

Déclaration de saint Servais au concile :

« je sais ce que cet évêque a enseigné, je n’en parle pas par ouï-dire, mais pour l’avoir moi-même entendu. Nos églises étaient voisines. Je me suis souvent opposé lorsqu’il niait la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ. Je l’ai fait non seulement en particulier, mais aussi en public, en présence d’Athanase, pape et patriarche d’Alexandrie, et de plusieurs prêtres et diacres. Mon avis est qu’il ne peut être évêque des chrétiens et que ceux qui auront des communications avec lui ne pourront pas porter le nom de chrétiens »

(saint Athanase sera exilé à Trêves de 336 à 338)

- On le retrouve au concile de Rimini, en 359. Il défend avec force et courage la vraie foi malgré les menaces de mort. Les ariens finirent par le tromper en lui faisant signer une formule qui semblait orthodoxe, mais en réalité elle cachait un sens hérétique dont ils se servirent par la suite. Voici le texte équivoque : « filium Dei non esse creaturam sicut ceteras creaturas ». Les évêques orthodoxes traduisirent « Jésus-Christ, n’est pas une créature » et les ariens par : « c’est une créature d’une nature spéciale ». Saint Hilaire de Poitiers sera le premier à s’apercevoir de la supercherie et à la dénoncer. Ce qui fera dire à Saint Jérôme « l’univers s’étonna de se découvrir arien ». Saint Servais se rétracte.

Sa mobilisation contre l’arianisme ne faiblira jamais.

Contre son gré, mais pour éviter à l’église d’être persécutée, il accepte la proposition de l’empereur arien Magnence et se rend près de Constance II pour tenter une réconciliation. Cette mission se soldera par un échec.

Occupé à pourfendre l’hérésie arienne, il eut un songe. Il vit des barbares envahir, détruire la ville et massacrer les habitants. Il décrète un jeûne et adresse de ferventes prières au ciel pour que Dieu épargne la région de ce désastre. Sans réponse, il décide de partir pour Rome, près des tombeaux de Pierre et Paul, pour renouveler sa prière. Là, il attend trois jours. Pierre lui apparaît pour lui dire : « ta prière ne sera pas exaucée. Tu dois rentrer, préparer le nécessaire pour ta sépulture, te retirer à Maastrich (aujourd’hui aux Pays-Bas) et là attendre la volonté de Dieu ». Saint Pierre lui remet une clé d’argent avec un maillon des chaînes de sa captivité. Plus vraisemblablement, il la reçoit du souverain pontife. Le pape honorait de cette manière les pèlerins illustres qui venaient à Rome. Mais rien ne le prouve.

Sur la route du retour, il est fait prisonnier par des barbares. Ses ravisseurs l’obligent à marcher par une chaleur caniculaire. Il sent ses forces l’abandonner. Il entre dans une profonde prière et tout à coup un énorme aigle vient se placer au-dessus de lui, battant des ailes pour lui faire de l’air frais. Ses geôliers effrayés par l’animal prennent la fuite, il est libre. Reprenant sa route, non sans faire quelques miracles en chemin, ici il fait jaillir une source, là, guérit des malades.

Rentré dans sa ville, une foule en liesse l’accueille. La joie est de courte durée, Servais annonce les malheurs qui doivent s’abattre sur la population et son prochain départ. On tente de le retenir, rien n’y fait. Il rassemble le nécessaire pour sa sépulture, les reliques de ses prédécesseurs et de quelques personnes saintes, puis part pour Maastrich.

Trois jours plus tard, au cours de la liturgie, un ange lui révèle le jour et l’heure de sa mort. Quelques jours plus tard, il est pris d’une fièvre. Il reçoit les derniers sacrements et sur les quinze heures, il naît au ciel le 13 mai 384. Sur son tombeau fut construite une chapelle. Par des agrandissements successifs, elle est devenue une basilique où sont conservées d’autres reliques du Saint. Les pèlerinages à son tombeau sont toujours très populaires.

Il est le dernier des saints de glace. (13 Mai) Saint Grégoire raconte que son tombeau devient très célèbre dès l’époque des Huns en 450. Quand par temps de grand froid la neige couvrait la terre à trois ou quatre pieds de profondeur, le tombeau du saint était préservé. Son couvercle en marbre n’en était même pas humecté. Ce miracle, donné par le Martyrologe Romain comme caractéristique de Saint Servais, lui a valu le nom de Saint de neige ou Saint de glace.

Les autres Saints de glace : Saint Pancrace, le 12 Mai et Saint Mamert le 11 Mai

Sources : étude critique des sources de l’histoire du pays de Liége au moyen âge.

Abbé Sylvain Balau T61 p 29/35

Saint Servatus évêque de Tongres. p 325/351

Abbé L. Campion

Heriger, chanoine de Liége : vita Servatii

Les petits Bollandistes – vies des Saints. 1872 T 5 p 506/510

Mgr Paul Guerin

Supplément aux vies des Saints T II page 71

Dom Paul Polin

Saints et Saintes de Belgique au premier millénaire

Editions ALTAÏR Jean Hamblenne

1 Sur la ville de Tongres voir : fr.wikipedia.org/wiki/Tongres

Tag(s) : #saints

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