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la résurrection de Lazare

Le Père Alexandre SCHMEMANN l’écrivait, « le Carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques, la « Fête des fêtes » (« Le Grand Carême », série Spiritualité Orientale, n° 13, édition Abbaye de Belle Fontaine, 1974). Il en est de même pour la montée vers Pâques ! Une véritable ascension spirituelle sur cette Echelle Sainte qui, marche après marche, du samedi de Lazare, en passant par l’entrée triomphale à Jérusalem, puis par la Passion et la Croix Vivifiante, nous conduit vers les lumières de la Résurrection, vers La Lumière de Celui qui « par la mort a vaincu la mort » et nous a permis, en nous donnant la vie, de dépasser la mort et de « bien l’accueillir » puisque nous avons désormais, selon l’expression du métropolite Antoine BLOOM « nos racines dans l’éternité » (Métropolite Antoine BLOOM, « La vie, la maladie, la mort », Cerf, 2012). Cette ascension débute donc avec le samedi de Lazare qui sonne la fin du Carême proprement dit et fait démarrer le temps de la Passion. Avec le dimanche des Rameaux, ils forment selon les termes du « moine de l’Eglise d’Orient » (Père Lev GILET) « un court prélude joyeux aux jours douloureux ». Cette ascension se poursuit en crescendo et s’intensifie, jour après jour, tout au long des étapes de la Semaine Sainte jusqu’au paroxysme de la Crucifixion et de la Descente aux enfers et puis la glorieuse Anastasis. Une semaine de prière intense qui bouleverse en chacun de nous, le rythme du temps présent. Une semaine qui nous introduit dans une intemporalité qui nous prépare à accueillir Pâques dans nos cœurs. Non pas comme un rituel annuel mais comme un chemin de vie qui nous introduit d’année en année, davantage en Lui. . Bonne montée vers Pâques !

Le samedi de Lazare occupe une place très spéciale dans le calendrier liturgique. « Il est en dehors des quarante jours de pénitence du Carême ; il est aussi en dehors des jours douloureux de la semaine-sainte, - ceux inclus entre le lundi et le vendredi. Avec le dimanche des Rameaux, il forme un court prélude joyeux aux jours douloureux. Un lien topographique l’unit au dimanche des Rameaux : Béthanie est le lieu de la résurrection de Lazare et aussi le point de départ de l’entrée de Jésus à Jérusalem. L’évènement que commémore ce samedi est la résurrection de Lazare. Cet évènement … est très chargé de sens. Il est mystérieusement lié à la résurrection du Christ lui-même ; il joue, par rapport à celle-ci, le rôle de prophétie en acte. On pourrait dire que Lazare ressuscité nous est présenté, au seuil des fêtes de Pâques, comme le précurseur de Jésus-Christ vainqueur de la mort, de même que Jean baptisant était, à la veille de l’Epiphanie, le précurseur du Messie qui allait être révélé. » (Un moine de l’Eglise d’Orient, l’An de grâce du Seigneur, Catéchèse Orthodoxe, 1988, Cerf). *

Préfiguration et confirmation de la résurrection universelle.

Victoire sur la mort et la corruption !« … Le miracle accompli par Jésus à Béthanie dépasse tous les miracles. … Le Christ vient délivrer l’homme de la mort, mais aussi le guérir de la corruption, lui qui est incorruptible puisqu’il est sans péché. Dieu s’est fait pleinement homme, faible avec les faibles jusqu’à la mort. Seul le péché et la corruption n’ont pu l’atteindre. Lazare reste un jour de plus que le Maître dans la mort. Ce quatrième jour c’est la corruption ; « il sent déjà ». Jésus, lui, reste enseveli trois jours au tombeau, car lui seul accomplit le signe de Jonas englouti trois jours et trois nuits sous les eaux, dans le monstre marin. Seul le Christ est Saint, lui seul est en dehors de la corruption, lui seul peut arracher le genre humain à la mort et le libérer de la corruption. » (Catéchèse Orthodoxe, Les Fêtes et la Vie de Jésus Christ, II, La Résurrection, cerf)

Manifestation de la Trinité au tombeau de Lazare, « … Lorsque Jésus se trouve devant le cadavre enseveli, il adresse une prière au Père. Par ces mots il manifeste qu’il agit toujours en accord avec lui, envoyé par lui. D’une voix forte, le Christ appelle Lazare hors du tombeau : « Lazare, sors ! ». De même que le Verbe Créateur, en accord avec le Père et l’Esprit, avait créé l’homme par la Parole (Genèse 1, 26), de même aujourd’hui il rappelle à la vie, par un seul mot, l’homme enchaîné, ligoté de bandelettes, prisonnier de la mort. Lazare revient à la vie, le souffle de Dieu anime de nouveau son corps, comme pour Adam au premier jour de la Création : Dieu insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant (Genèse 2,7). Et il n’y a pas de vie sans le Saint Esprit. Chaque fois que Dieu agit dans le monde, il manifeste la Trinité indivisible. C’est au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit que Lazare sortit du tombeau »(Catéchèse Orthodoxe, Les Fêtes et la Vie de Jésus Christ, II, La Résurrection, cerf).

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