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NOCES DE CANA

Deuxième dimanche

A Cana en Galilée, un jour de printemps, il y eut ce jour-là un banquet de mariage. Une jeune mariée, la « Préférée », a fait« la joie de son Dieu » (première lecture). Un vin surabondant a pétillé aux coupes des convives.

Poète et mystique, Jean n’a rien d’un journaliste qui couvre les mariages mondains. Chaque détail du récit de ce«commencement des signes de Jésus » est un symbole d’une extraordinaire richesse de sens. L’évangéliste ne cherche nullement à piquer notre curiosité. Il veut nous introduire dans le sens profond de notre destinée humaine.

Car le marié de cette noce, l’épousée de Cana, ne sont pas ce jeune couple villageois dont on ne parle presque pas. Comme l’avait annoncé une longue et belle tradition de la Bibl (les prophètes, le Cantique des Cantiques), Dieu est le véritable Epoux de l’humanité, sa vraie épouse. Jésus a commencé à révéler sa gloire. La gloire de sa Pâque. L’Epouse non nommée de cette noce, c’est nous. Nous que Dieu aime, en Jésus, pour le meilleur et pour le pire.

« Femme, que me veux-tu ? » Quand viendra l’Heure, il dira sur la croix à son disciple bien-aimé : « Voici ta Mère ». Et ce jour-là l’Alliance entre Dieu et les hommes aura atteint sa plénitude. Nous sommes les enfants de cette Femme, de cette Epouse que sont Israël et l’Eglise, le peuple élu et les nations, et que représente Marie à la fois « fille d’Israël » et « icône de l’Eglise ».

Elle nous dit encore : « Faites tout ce qu’il vous dira ». La phrase était déjà celle de pharaon renvoyant les Egyptiens à Joseph qui pouvait combler la détresse des affamés (Genèse 41, 55). Marie s’efface devant son fils et le désigne comme le personnage principal. Le vin manque, l’amour est gâché, la vie se perd… alors « quoi qu’il vous dise, faites-le ! »

Et qu’y a-t-il à faire ? Sinon apporter avec tout notre courage l’eau de nos projets humains, avec leurs faiblesses, leurs lassitudes, leurs désespoirs peut-être… et Jésus peut alors y infuser le vin de son amour divin. Et Jésus change la loi et la grisaille en explosion de joie et d’Esprit. A Cana, il a anticipé l’heure de sa Pâque et de sa résurrection, afin que les invités de sa Noce ne forment plus en lui qu’un seul Corps dans la diversité des dons de l’Esprit (deuxième lecture).

Oui en de dimanche de « l’Epiphanie de Cana », laissons-nous envahir par la tendresse du Dieu-Epoux. Si nous sommes mariés, notre couple est « signe », « sacrement », « manifestation » de l’Amour de Dieu. Si nous sommes célibataires, nous ne sommes pas sans amour, nous sommes « épousés » par le plus grand amour qui soit. Oui, grisons-nous du vin de Cana qui ne cesse jamais de couler à profusion !

Tag(s) : #commentaire evangi

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